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les autorités se donne pour ambition de promouvoir un changement profond des comportements citoyens, afin d’inciter chacun à privilégier l’intérêt général sur les intérêts particuliers.

Refonte judiciaire et comportement syndical au Niger : un impératif d’harmonisation
La récente décision du ministère de l’Intérieur de dissoudre plusieurs syndicats affiliés au secteur judiciaire qui a fait l'objet d'un point de presse conjoint avec le ministre de la Justice, s’inscrit dans le cadre d’une refonte du système judiciaire national. Loin de s’en tenir à une lecture purement politique ou corporatiste de cette mesure, il importe de s’interroger sur ce que devrait être un comportement syndical adéquat, capable de concilier l’harmonie entre le fonctionnement des pouvoirs publics et la défense des droits professionnels.
La « Refondation nationale » affichée par les autorités se donne pour ambition de promouvoir un changement profond des comportements citoyens, afin d’inciter chacun à privilégier l’intérêt général sur les intérêts particuliers. Or, derrière l’action syndicale, se dissimulent parfois des pratiques contraires à cette finalité : affairisme, luttes internes pour des privilèges, compétition désordonnée pour la défense de causes strictement corporatistes. Cette dérive, que l’on pourrait qualifier d’« anarchisme syndical », finit par entraver le bon fonctionnement des institutions publiques, qui se trouvent alors prises en otage par des revendications parfois déconnectées de l’intérêt national.
À l’instar des partis politiques, les organisations syndicales devraient revenir aux fondamentaux de leur existence : au-delà des textes qui légitiment leur action dans la sphère publique, leur régulation morale et opérationnelle devrait être arrimée à la défense des intérêts supérieurs de la nation. Une démocratie réduite à une façade institutionnelle, mais gangrenée par des logiques internes discriminatoires et égoïstes au sein des syndicats, ne saurait contribuer au progrès collectif. Comme l’illustrait le cinéaste Djingarey Maïga dans son film Syndicat de Magouille et de Tchoucoucou, certaines pratiques syndicales relèvent davantage de la recherche de rentes personnelles que d’un engagement désintéressé.
Chaque structure syndicale, en défendant ses intérêts professionnels, devrait s’inscrire dans un cadre plus large : celui de la préservation et du renforcement de l’État, garant ultime de l’équité et de la justice. Le caractère parfois supranational de certaines affiliations syndicales soulève également des controverses, dans la mesure où il peut entrer en contradiction avec le principe fondamental selon lequel l’État est au-dessus de tout acteur social, et que chaque citoyen a le devoir de le servir.
En définitive, le Niger aspire à une justice équitable, impartiale et efficace, capable de répondre avec célérité aux attentes légitimes de ses citoyens. La refonte du comportement syndical dans le secteur judiciaire, loin d’être un simple ajustement institutionnel, constitue un enjeu stratégique pour consolider l’État de droit et préserver l’intérêt général.
Abdoulaye Idrissa James