Médiatique

La diplomatie nigérienne à l'épreuve des enjeux internationaux, régionaux et nationaux au lendemain du 26 juillet 2023, a été partagée entre reconnaissance internationale et légitimité des autorités du CNSP.

Capture_décran_2024-10-01_102511.png

La diplomatie nigérienne se porte bien entre les mains d'un ministre calme mais pragmatique, Bakary Yaou Sangaré. L'entretien accordé à la RTN, a été une occasion fructueuse d'enrichir l'opinion publique en éclairage sur les actions diplomatiques de son Ministère depuis les évènements du 26 juillet 2023

et les perspectives d'une diplomatie dynamique à promouvoir une image sécurisée du Sahel à immenses potentialités d'investissement. Contrairement à beaucoup d'acteurs et observateurs de la diplomatie nigérienne sur les réseaux sociaux qui voyaient la diplomatie nigérienne à l'échelle de leur évaluation personnelle, le Ministre répond" la diplomatie ne se déroule pas sur les réseaux sociaux".

La diplomatie nigérienne à l'épreuve des enjeux internationaux, régionaux et nationaux au lendemain du 26 juillet 2023, a été partagée entre reconnaissance internationale et légitimité des autorités du CNSP sur la scène internationale. La diplomatie nigérienne est sous-marine. Les efforts du ministre et de son équipe, fort de leur part d'expertise en diplomatie et relations internationale, ont su imposer la légitimité des autorités du CNSP à l'organisation des nations unies et mener des médiations importantes pour dénouer le nœud de sanctions de la CEDEAO sur le Niger.

La carte diplomatique dont son réseau diplomatique s'étend à 40 représentations diplomatiques et consulaires dans le monde dont 20 sont concentrées en Afrique. Cette présence importante témoigne de l' évolution diplomatique du pays et de son sens vers une véritable intégration africaine. La carte diplomatique du Niger est axé sur trois piliers, l'intégration africaine, la politique du du bon voisinage et la diplomatie de développement.

Les évènements du 26 juillet 2023 ont permis au Niger, de réorganiser ses choix stratégiques avec ses partenaires en matière de diplomatie développement en donnant la priorité à l'Asie avant l'Europe qui occupe la première place. Avec la création de deux ambassades en Russie et en Iran, cette politique rentre dans le cadre de la diversification des partenaires stratégiques dont le Niger par l'isolement international voulu par certains partenaires occidentaux, a compris la nécessité de concentrer un effort diplomatique avec des pays asiatiques dont l'amitié et la coopération sont respectueuses de la souveraineté du Niger.

Le Niger a vécu une volonté politique de la France et de certains partenaires occidentaux, d'isolement diplomatique de par la non reconnaissance, aux premières heures, de ses autorités. En plus, une batterie de sanctions inhumaines a été infligé au peuple nigérien pour créer un effet de contorsion pour la rupture de l'union entre le peuple et les autorités du CNSP. En effet, la communauté internationale sous l'égide de la France, a formulé sa volonté stratégique d'isoler le Niger pour forcer la main aux autorités du CNSP de renoncer au pouvoir. Mais la légitimité dont jouit le CNSP et la popularité inestimable avec les soutiens nationaux ont permis la résilience du Niger dans tous les secteurs. Cela a donné de la force à sa diplomatie.

Très vite, la création de la confédération Alliance des États du Sahel, a ouvert un nouveau chapitre dans la dynamique diplomatique et régionale notamment par le retrait des trois États de la CEDEAO.

Les actions subversives de la CEDEAO sont jugées trop compromettantes pour la stabilité du Sahel et son développement au sein de l'opinion sahélienne et panafricaine. La CEDEAO a échoué dans son processus de médiation diplomatique en prenant des sanctions inhumaines et illégales contre les autorités du CNSP allant jusqu'à préparer un projet d'intervention militaire pour assoir la démocratie. Par l'analyse de Clausewitz, les rapports offensifs de l'idée de la guerre de la CEDEAO contre le Niger en état défensif, a fini par donner la victoire au Niger et ses alliés, le Mali et le Burkina Faso. Après évaluation de la polarité de visions sur le développement du Sahel, les trois États du Sahel, le Mali, le Niger et le Burkina ont créé la confédération Alliance des États du Sahel et leur volonté de se retirer de la CEDEAO.

Au plan diplomatique, la confédération Alliance des États du Sahel dispose d'un appareil diplomatique commun pour les défenses des mêmes intérêts sur la scène internationale. Car tous pays faisant face aux défis sécuritaires, climatiques et de développement, ont songé à la fusion leur forces diplomatiques qui devrait impulser une voix diplomatique forte sur la scène internationale. Les rapports entre la CEDEAO et l'AES, changent les rapports diplomatiques pour permettre le bien être de leurs populations. La CEDEAO est obligé de tenir compte de l'AES pour une stabilité régionale et économique. Le retrait des trois États du Sahel étant définitif, un règlement consensuel est en cours pour une meilleure coopération bilatérale entre les deux organisations régionales.

La diplomatie nigérienne est aujourd'hui forte et semble renforcer la diversification des partenaires stratégiques dans le monde. L'objectif de celle-ci est de créer une attraction des investissements par une image pointue comme terre de prospérité et de sécurité. Au sein de la conférence Alliance des États du Sahel, les trois cheffes de diplomatie, du Niger, du Mali et du Burkina travaillent ensemble pour décliner les meilleures orientations stratégiques pour les années à avenir aux bénéfices des populations et de leurs diaspora.

Analyste politique, Abdoulaye Idrissa James